Si vous passez plus de temps devant votre écran pour jouer à Max Payne que vous n’en dépensez dans les bibliothèques et musées, il est temps de vous reprendre en main. L’Encyclopaedia Universalis (EU) vous aidera, non sans plaisir, à quitter cet univers binaire (ordinateur, dodo, ordinateur, dodo...). Visite guidée de ce monument, indispensable à votre logithèque.
Nul n’est censé ignorer, non pas la loi (que tout le monde ignore) mais que l’Encyclopaedia Universalis est l’encyclopédie la plus complète et probablement la plus proche des intentions initiales de Diderot. Elle est ainsi à ranger parmi les références encyclopédiques, aux côtés du Littré et du dictionnaire de l’Académie Française (toutes ces références sont à ajouter à votre lettre au Père Noël).
Les premières versions de l’EU sur CD-ROM, relativement confidentielles, étaient vendues uniquement avec la "version papier". L’idée était que le CD-ROM offrait des facilités de recherche que ne permettait pas la version papier, tandis que les volumes de l’EU étaient d’une lecture plus agréable que l’écran d’un ordinateur. Les mises à jour suivantes ont conduit à ce que le CD-ROM soit vendu séparément (à plus de 300 euros/2000 francs il y a cinq ans). J’utilise l’EU depuis sa version 4 ; j’ai eu personnellement l’occasion constater la boulimie de mégaoctets de l’EU, chaque version ajoutant plus de vidéos, d’extraits musicaux, ou d’expériences dans le laboratoire de science... Depuis la version 7, les utilisateurs de Macintosh ont le choix entre deux supports : plusieurs CD-ROMs ou un unique DVD, sachant que le DVD contient plus de vidéos et autres réjouissances du multimédia.
Premiers contacts
La version 7 était celle de la maturité, la 8 enrichit les acquis. Pour porter un jugement général, l’on peut dire que la présentation est esthétiqument très réussie, tandis que l’ergonomie, légèrement en retrait car d’une approche pas toujours évidente, est tout à fait convenable. En somme, après quelques minutes d’utilisation, l’utilisateur se sent à l’aise.
Il y a deux façons d’aborder l’EU. La première consiste à lancer l’application pour effectuer une recherche précise. Aucune difficulté particulière ici non plus : le moteur de recherche fonctionne bien, même s’il faut bien penser les termes de sa recherche avant de se lancer. La seconde "porte d’entrée" est celle du dilettante : à la manière d’un musée, virtuel ou non, l’EU se laisse visiter, et prend même l’utilisateur par la main. C’est là un apport évident de l’informatique : par définition, une encyclopédie ne se lit pas comme un manuel ou un roman : elle s’utilise ponctuellement pour apporter un éclairage précis. La version numérique de l’EU peut, en revanche, être consultée sans intention particulière.
L’interface et l’ergonomie
L’interface graphique bénéficie de nombreux raffinement. Longtemps, elle n’a servi qu’à manipuler un moteur de recherche, mais, depuis quelques années, elle permet une utilisation plus ludique et agréable. Il est même possible de zoomer sur les pages d’accueil de chaque section (ou Parcours).
Si l’esthétique générale est très réussie (sauf, peut-être, pour l’assistant de navigation), l’ergonomie est parfois douteuse, même si je dois admettre que l’on s’habitue rapidement à ce qui n’était pas initialement intuitif.
Parmi les petites choses étonnantes, citons le fait que la molette de défilement de la souris n’est (toujours) pas supportée lorsque l’on consulte un texte... et pourtant, elle fonctionne pour faire défiler horizontalement la frise chronologique.
Les différentes sections (les Parcours)
À l’encyclopédie proprement dite (les textes enrichis d’illustration) s’ajoutent de nombreuses vidéos et extraits sonores, ou encore des simulations d’expériences scientifiques en laboratoire et des cartes géographiques. Les parcours reprennent largement ce découpage, mais permettent également des approches transversales : le Parcours "Bibliothèque" permet de chercher très simplement une notice biographique en utilisant des critères nombreux (période, oeuvre, genre ou encore langue...).
Si l’Encyclopaedia Universalis souffre ponctuellement d’une ergonomie imparfaite (dont le plus gênant est sans doute l’absence de support des molettes de defilement des souris), elle compense largement ces quelques désagréments par une présentation réussie, et surtout par la richesse de ses textes et de ses médias. Bien entendu, toutes les notices ne sont pas idéalement rédigées, mais aucune autre encyclopédie (multimédia ou non) ne peut prétendre rivaliser avec l’EU.
Prix : environ 150 euros
Existe en version CD-ROM ou DVD
Les versions Mac et PC ne sont pas interopérables (on ne peut pas utiliser la version Mac sur un PC, ni l’inverse)