L’OS X se distingue des précédentes versions de Mac OS de nombreux points de vue. L’architecture UNIX du nouveau système d’exploitation d’Apple a toutefois une conséquence mal connue : le Finder n’est qu’une application que fait fonctionner le système d’exploitation, et n’est pas le système d’exploitation en tant que tel. Sous OS 9, le Finder était une composante indispensable du système d’exploitation ; sous OS X, le Finder est un complément facultatif de l’OS, une GUI (graphic user interface - interface graphique). Dès lors, si le Finder est une application comme une autre, il peut être remplacé.
Des faiblesses du Finder
Le développement de Path Finder (autrefois appelé SNAX) est ancien : les concepteurs de ce logiciel avaient fait le constat des faiblesses du Finder d’Apple, et, en particulier, de sa relative lenteur sur de très nombreuses configurations.
Outre la lenteur d’exécution du Finder, largement améliorée avec 10.1 puis 10.2, les utilisateurs les plus exigents déplorent l’absence d’options avancées de personnalisation ou encore une ergonomie très basique.
La recherche d’une nouvelle expérience utilisateur
Jef Raskin, l’inventeur de la première interface graphique du Macintosh (et de l’informatique grand public), a eu l’occasion de critiquer le Finder de Mac OS X, surtout dans sa première mouture. Selon Raskin, le concept inventé il y a plusieurs décennies n’a plus de sens : c’est à la machine de s’adapter à l’humain et non l’inverse. En d’autres termes, l’utilisateur ne devrait pas lancer un logiciel ; le système d’exploitation devrait comprendre ce que fait l’utilisateur et agir en conséquence. Par exemple, si l’utilisateur commence à taper un texte, le système pourrait ouvrir une fenêtre de saisie et mettre en forme le texte automatiquement.
Les projets alternatifs au Finder d’Apple sont encore loin de cet utopie. Leur objectif est toutefois d’améliorer l’expérience utilisateur.
Des logiques différentes
Deux logiciels sont ici évoqués : 3DOSX et Path Finder (ex-SNAX). Ils correspondent à des démarches très différentes : si l’un est très opérationnel et très classique (Path Finder), le second est innovant mais inutilisable au quotidien (3DOSX).
3DOSX : l’innovant
3DOSX (comprendre : 3D OS X) est sans aucun doute le plus innovant. Il suscite l’admiration chez certains et le doute chez les autres. En effet, si l’usage de la 3D est impressionnant (prévoir une carte graphique plutôt performante en openGL), il rend l’utilisation du système difficile : l’accès aux fichiers est confus et de nombreuses fonctions manquent. Il n’est pas possible, par exemple, de démonter un volume comme une image disque.
En réalité, 3DOSX est un file system browser, c’est-à-dire un navigateur de fichiers, et non une interface graphique entre l’utilisateur et les entrailles du système. Par ailleurs, 3DOSX ne révolutionne pas l’approche de l’ordinateur, car il utilise l’approche par dossiers et volumes ; en d’autres termes, il conserve l’image du bureau, bien que celui-ci soit partiellement en trois dimensions et au fond d’une piscine... Cela dit, 3DOSX ne prétend pas remplacer le Finder d’Apple. Il est une expérimentation prospective dont l’objet est de rechercher pour l’avenir une alternative au modèle du bureau, popularisé par Apple (et reproduit par Microsoft) il y plusieurs décennies.
Path Finder de Cocoatech : l’élève qui dépasse le maître
Path Finder conserve, quant à lui, la même approche que celle du Finder d’Apple. Il en est, de fait, un clone amélioré... et payant (prévoir une quarantaine d’euros). Très ergonomique, Path Finder est très proche du Finder d’OS X : il ne propose pas, par exemple, de mode de visualisation des fichiers différent de ceux proposés par Apple (par icone, par liste, par colonne). Cependant, Path Finder va beaucoup plus loin que le Finder en offrant à l’utilisateur des possibilités de personnalisation de l’interface graphique beaucoup plus poussées : par exemple, il est possible d’abandonner l’interface Aqua pour un Finder tout en métal brossé.
L’application permet également de créer des raccourcis clavier, d’utiliser les familles de couleurs (identiques à celles d’OS 7/8/9), de placer la corbeille sur le bureau ou encore d’utiliser un menu qui liste toutes les applications disponibles.
Path Finder est enthousiasmant. À tel point que l’on se prend rapidement au jeu, passant des dizaines de minutes à tester de multiples configurations différentes, en utilisant n’importe quelle police de caractère, l’interface Aqua ou Métal brossé...
Au delà de la personnalisation de l’interface graphique, Path Finder bénéficie d’une ergonomie exemplaire. Si les trois modes de visualisation (évoqués plus haut) sont ceux du Finder d’OS X, ils ont été largement améliorés. Chaque mode indique ainsi dans des onglets le chemin menant au dossier affiché. De même, l’application utilise toutes les possibilités de la programmation en Cocoa, notamment avec les tiroirs et la transparence des fenêtres. La transparence de chaque fenêtre peut être modifiée, tandis que la prévisualisation des fichiers s’opère dans un tiroir que l’on peut masquer (la prévisualisation automatique est très gourmande en ressources et parfois gênante, comme lorsque l’on clique par mégarde sur un Divx...).
Path Finder n’est cependant pas exempt de défauts. Par exemple, il n’est visiblement (et étrangement) pas possible de disposer les icones librement sur le bureau : l’alignement automatique les réunis en un ensemble compact.
Remplacer le Finder
L’objectif du soft de Cocatech est, par conséquent, de remplacer le Finder : les préférences permettent ainsi de ne lancer que Path Finder au démarrage (au log in) à la place du Finder d’Apple. Les plus sceptiques peuvent tester le logiciel pendant 21 jours avant de passer à la caisse.
L’installation de Path Finder ne pose aucune difficulté : il s’agit en effet d’une application comme une autre dont l’icone prendra place dans le dossier Applications. Il en est de même avec 3DOSX. Il n’y a donc aucune raison de ne pas les essayer, puisque cela ne nécessite aucune manipulation difficile et que le retour en arrière est aussi simple que l’installation. Cependant, il est préférable d’ajouter la fonction ’Quitter Finder’ au Finder d’Apple afin de simplifier vos essais. Gunjin a indiqué comment procéder dans un article récent ; ajoutons que TinkerTool permet de faire de même sans ouvrir le Terminal (pour les plus frileux, donc).