Première publication : .
Modifié le : 26 octobre 2007.
Mise en ligne: 23 mai 2003.
Par Bazaar
The Gimp est un logiciel libre, mis à disposition gratuitement, et developpé par des passionnés. C’est un programme de création graphique remarquablement puissant, intégrant le support des calques. Il se pose ainsi en concurrent direct d’Adobe Photoshop, la référence absolue dans la matière. Utiliser The Gimp sur Mac OS X est possible grâce à X11. Cet article explique comment installer The Gimp, et surtout comment l’aborder et l’utiliser, compte tenu des différences fondamentales existant avec un logiciel 100% Mac.
Au risque de simplifier de façon excessive, The Gimp peut être défini comme un logiciel de graphisme utilisant des calques. Pour ceux qui n’ont jamais utilisé des logiciels tels que Photoshop, Illustrator ou Painter (il y en a d’autres), cette caractéristique ne doit pas apparaître évidente. Il s’agit tout simplement de la capacité du logiciel à créer et éditer des images qui sont composées de plusieurs couches, de sorte qu’il est possible de ne modifier qu’une seule de ces couches, afin de ne pas "abimer" (affecter) toute l’image.
Cette possibilité est très appréciable en dessin aussi bien qu’en photo, d’autant qu’il est généralement possible de modifier le comportement des calques. Imaginons une image composée de deux calques : la première est l’image de fond, la seconde, placée par dessus est un personnage ou encore un titre. L’idéal est de superposer les calques. Mais, avec une autre image, on pourrait aussi bien vouloir les fusionner ou modifier leur éclairage pour obtenir un effet plus subtil (par exemple, un visage qui se fond dans un paysage, etc...). La gestion des calques permet également d’appliquer des filtres à une partie de l’image, comme un flou, un effet de rendu ou une pixellisation tout préservant les autres calques.
La gestion des calques et des filtres est ainsi un élément fondamental pour un logiciel de graphisme. The Gimp est probablement le logiciel offrant le meilleur compromis entre puissance, fonctionnalités et prix... puisqu’il est gratuit.
The Gimp est un logiciel Open Source qui n’utilise pas une interface graphique compatible avec Mac OS X. Pour l’utiliser, il convient donc d’utiliser (par exemple) l’excellent Apple X11. Un précédent article avait pour objet l’installation et le principe de fonctionnement de X11.
Deux possibilités vous sont offertes pour installer The Gimp. Dans tous les cas, c’est très simple.
La solution de facilité n’est jamais la plus souple
La solution de facilité consiste à utiliser l’installeur proposé par le projet Open Darwin. Cette solution a l’avantage de ne pas dérouter l’utilisateur de Mac OS X qui n’est pas familier du maniement de Fink. Cependant, elle n’est pas, à moyen terme, l’utilisation la plus souple, que ce soit pour désinstaller ou mettre à jour le logiciel.
Si vous optez néanmoins pour cette méthode, voici comment faire.
Depuis, le Finder, sélectionnez la commande Se connecter à un serveur du Menu Aller.
Une fenêtre s’ouvre, avec un champ "Adresse", tapez :
http://packages.opendarwin.org
Un volume monte sur le bureau, avec une icone grisée. Ouvrez-le, et rendez vous au chemin suivant :
mpkgs/graphics
Un package gimp doit s’y trouver (par exemple, gimp-1.2.3.mpkg), qui contient tout ce dont Gimp a besoin pour fonctionner (c’est ce qui différencie le package, noté .pkg et qui ne contient que le logiciel, du meta-package, noté .mpkg et qui contient également les "dependencies"). Téléchargez ce meta-package, en glissant son icone sur votre bureau.
Une fois le mpkg téléchargé, il suffit de double-cliquer sur son icone pour lancer l’installeur intégré à Mac OS X. Vous êtes en terrain connu.
Le logiciel sera installé au chemin suivant :
/opt/local/bin
Il s’agit de l’emplacement par défaut des logiciels installés avec les binaires (installeurs) de Open Darwin.
Avec Fink, tout est mieux
Avec Fink, il suffit de taper dans un Terminal :
% fink install gimp
Fink propose d’installer des "dependencies", si besoin est. Fink est digne de confiance, acceptez tout ce qu’il vous dit... En effet, il vous sera probablement proposé des alternatives entre plusieurs "dependencies". Fink indique alors un choix par défaut, noté [1] ou [2] par exemple (le chiffre correspond au numéro du choix). Si vous n’avez aucune connaissance en la matière, contentez-vous de presser sur la touche entrée et le choix par défaut sera validé.
Fink fonctionne de la manière suivante :
il télécharge les fichiers (en affichant "curl" et le site web depuis lequel le téléchargement est opéré) ;
il "compile" les fichiers (pour en faire des applications compatibles avec Darwin / Mac OS X) et installe le tout.
Ne vous inquiétez pas si Fink affiche pendant plusieurs minutes la même ligne (notamment pendant la phase de téléchargement, "curl") ; il n’a pas planté. En cas de problème, Fink s’interrompt et vous demande que faire.
Lorsque Fink a terminé l’installation, il vous "rend la main" dans le terminal (une ligne de saisie est à nouveau affichée).
Le logiciel est installé au chemin suivant :
/sw/bin
Il s’agit de l’emplacement par défaut des logiciels installés avec Fink.
Fink a ma préférence, car il suffit, pour mettre à jour les logiciels installés grâce à lui, de taper une seule ligne de commande :
% fink update-all
On ne peut imaginer plus simple !
De temps en temps, il conviendra de taper une autre ligne de code juste avant :
% fink selfupdate
Il est cependant à noter que les installations avec Fink durent nécessairement plus longtemps qu’avec Open Darwin, dès lors que l’on choisit, avec Fink, de compiler avec sa machine les sources téléchargées. A l’inverse, avec Open Darwin, les sources sont déjà compilées, et l’on télécharge directement les binaires. Le fait de compiler soi-même les sources permet d’avoir la certitude absolue que le logiciel fonctionnera sur sa machine (bien que les binaires d’Open Darwin soient irréprochables).
Lancer The Gimp
Si vous avez fait le choix d’installer The Gimp avec la première méthode, c’est-à-dire avec l’installeur d’Open Darwin, il faudra taper dans Terminal X11 (XTerm) :
/opt/local/bin/gimp-1.2
En remplaçant "gimp-1.2" avec le nom exact qui dépend de la version installée.
Si vous avez installé The Gimp avec Fink, tapez dans un XTerm :
% gimp &
Une nouvelle fois, Fink est plus avantageux. Vous pouvez cependant créer un alias de commande (cf. article de Gunjin à ce sujet). Apple X11 permet de créer des alias des commandes dans le menu Application (cf. article sur X11) ; c’est très utile !
Utiliser The Gimp
L’interface de Gimp est troublante pour les Mac-Users. À l’ouverture, la palette flottante contenant les outils et le menu principal s’affiche. Elle permet de créer ou d’ouvrir un document, d’ouvrir les palettes d’outils, les préférences, etc. La première particularité tient donc au fait que la barre de menu est très courte (trois entrées) et n’est présente que sur la palette d’outils. Dans Gimp, le clic-droit est essentiel, car de très nombreuses fonctions sont accessibles presque uniquement par ce biais.
Dans le Menu "Fichier" apparaît un item "Dialogues". Dans ce sous-menu, l’utilisateur peut sélectionner les autres palettes. Ce même sous-menu est accessible par le clic-droit... Le clic-droit, qui permet de faire apparaître le menu contextuel est le véritable centre de commandes de l’application, puisque tout ce qui concerne l’édition d’image s’y trouve (notamment les effets).
Les outils les plus courants des logiciels de graphismes sont présents (pinceaux, détourage, dégradé, tampon, gomme, remplissage, texte, etc...).
Quelques regrets
Gimp est capable, après une brève conversion, d’ouvrir les documents .psd d’Adobe Photoshop, et ce en préservant les calques créés. Cela dit, l’importation n’est pas parfaite : les styles appliqués à l’un des calques (comme une ombre portée, un estampage...) ont disparu et un calque de texte a été converti en calque graphique à la volée, ce qui interdit de me modifier en tant que texte.
Enfin, je n’ai pas trouvé un grand nombre de styles de calque, tels que ceux fournis avec Photoshop, y compris avec Photoshop Elements (ombre portée, estampage, éclairage/lueurs, effets photographiques, etc...). Si la fonction existe, elle est limitée et plus lourde à mettre en oeuvre, puisqu’il s’agit en réalité de scripts ("scripts FU") et non de fonctionnalités intégrées. Le résultat est parfois un peu hasardeux (décalage des calques, qui rognent l’image, par exemple).
De même, il n’existe pas d’effets tels ceux de Photoshop, très utiles pour créer des cadres, par exemple.
Après quelques heures d’utilisation, Gimp me semble être un excellent produit. Cela dit, je le trouve bien moins ergonomique et puissant que Photoshop Elements. D’autant que je n’ai pas pu utiliser toutes les fonctionnalités de la palette graphique (une Graphire) avec Gimp.
Cependant, la gratuité est un atout majeur, qui ne peut qu’inciter à installer The Gimp, ne serait-ce que pour le tester de temps à autre. Ce logiciel est idéal pour les concepteurs de site web qui souhaitent créer des ressources graphiques, aussi bien que pour les photographes amateurs qui souhaitent bidouiller leurs images.
P.S.
Spéciale dédicace à xdjuj, le seul gars qui installerait une Debian sur son chien ou sur son poisson rouge s’il le pouvait.
En ligne à cette adresse : http://www.xrings.net/xrings/article.php3?id_article=208