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internet, téléphone, télévision

Test de Free ADSL dégroupé

Convergence des technologies télécom à moindre coût...

Première publication : .
Modifié le : 5 décembre 2004.
Mise en ligne: 1er janvier 2004.
Par Bazaar

Free avait déjà, en 1999, été l’un des premiers fournisseurs d’accès à internet (FAI) à proposer un accès gratuit... L’internaute n’avait plus qu’à payer les communications téléphoniques. Quelques mois plus tard, Free avait tenté de se lancer dans l’aventure ADSL (c’était l’époque de Netissimo) mais le modèle commercial n’était pas viable et le service aléatoire. Free est, depuis, revenu à l’ADSL, en développant une offre très attractive dans les zones où le dégroupage est complet, pour moins de 30 euros par mois.


La première version de cet article remonte au 1er janvier 2004. À l’époque, Free était un fournisseur d’accès précurseur en bien des domaines : la télévision et la téléphonie par ADSL étaient des exclusivités. Aujourd’hui, les FAI (fournisseurs d’accès à Internet) sont nombreux à proposer des services similaires, soit parce qu’ils en avaient déjà le projet avant 2003, soit parce que Free a fait la preuve de la viabilité de tels services.

Dans sa première mouture, cet article, en dépit de quelques réserves, était sensiblement favorable à Free. En raison de l’évolution aussi bien des techniques que du marché, une mise à jour de ces paragraphes s’imposait.

Principe du dégroupage

Pour ceux qui souhaitent savoir plein de choses passionnantes sur le dégroupage, je vous invite à consulter la FAQ de l’Autorité de Régulation des Télécoms (ART).

Pour ceux qui n’ont ni la curiosité, ni la patience de lire cette (pourtant courte) FAQ, sachez simplement que le dégroupage permet à un opérateur de télécom (internet et/ou téléphone) d’avoir un contrôle total sur la ligne de son abonné. Le dégroupage revient à mettre un terme au monopole de France Télécom sur la boucle locale, c’est-à-dire sur le petit bout de réseau télécom qui relie l’utilisateur au centre local.

Pour procéder à ce dégroupage, Free installe tout simplement ses DSLAM (son matériel réseau) dans le centre local de France Télécom. Cette installation permet de profiter d’un accès totalement géré par Free, dont la tarification ne dépend plus des décisions de France Télécom (qui elles-mêmes sont fortement conditionnées par l’ART) et dont le débit est déterminé par Free en fonction des capacités de ses équipements.

C’est grâce au dégroupage que Free est en mesure de proposer des débits sensiblement plus élevés que la plupart de ses concurrents dans les zones où le dégroupage est complet.

Il convient enfin de distinguer entre le dégroupage partiel et le dégroupage total : dans le second cas, l’abonné ne paie plus d’abonnement auprès de France Telecom car le prestataire concurrent assure l’intégralité du service.

Mais ce qui fait la particularité de Free est la volonté de faire converger des technologies longtemps distinctes : Internet, téléphonie et télévision. Un tel pari était ambitieux, et la jeunesse de cette offre invite à la prudence. Toutefois, je crois pouvoir dire que Free a tenu ses promesses, d’autant que le téléphone et la télévision sont restés en large partie gratuits.

Reste une question fondamentale : dans quelle mesure l’offre de Free demeure-t-elle la plus avantageuse ?

L’accès à internet en zone dégroupée avec Freebox

L’offre ADSL la plus répandue en France a longtemps été l’eXtense 512 de Wanadoo, une connexion offrant un débit descendant (ou dl, pour download) de 512kbauds et un débit ascendant (ou ul, pour upload) de 128kbauds.

Aujourd’hui, les offres comprises entre 1 et 2 mb/sec en dl sont nombreuses. De la même manière, le dégroupage n’est plus une spécificité de Free.

Arrêtons-nous un instant sur cette notion de kilo-bauds. Les kilo-bauds équivalent à des kilo-bits. Il faut éviter une confusion courante entre kilo-bits et kilo-bytes. "Byte" est le terme anglo-saxon pour "octet" ; or, un octet est un ensemble de huit bits.

Aussi, les kilo-bauds indiquent le nombre de bits par seconde que la connexion permet d’atteindre. Pour obtenir les kilo-octets par seconde, il suffit donc de diviser la vitesse indiquée en kilo-bauds par 8. Un accès 1024kbauds permet donc d’atteindre un débit descendant théorique maximal de 1024/8 = 128ko/sec. Atteindre ce niveau maximal dépend, bien entendu, de la qualité du réseau (aussi bien du FAI que du serveur en face).

Dans les zones non-dégroupées, Free propose un débit de 2048kbauds (dl) et 256kbauds (ul)... L’offre est honnête mais elle a souffert grandement du réveil des autres opérateurs. Afin de conserver un avantage comparatif, Free a décidé de fournir à l’ensemble de ses abonnés la Freebox et l’accès à l’offre téléphonie (voir plus loin pour plus de précisions).

Dans les zones dégroupées, le débit descendant est compris entre 6 et 8mb (cf. plus bas), ce qui permet de dépasser les 700ko/seconde (c’est considérable... il y a encore un an et demi, le débit moyen était 10 fois inférieur). Le débit ascendant dépasse fréquemment 512kbauds (64ko/sec).

La télévision via ADSL lorsqu’elle est active (c’est-à-dire que le mode télévision de la Freebox est enclenché) la bande passante est réduite d’environ 2 à 3Mbauds (mais cela dépend grandement des chaînes visionnées)... Le débit "résiduel" demeure plus que confortable.

Coup d’éclat supplémentaire de Free : il est possible de débrider totalement sa connexion afin de pousser sa connexion dans ses retranchements. Concrètement, cela revient à supprimer totalement la correction d’erreur (une excellente connexion est donc requise) en activant, depuis le site web de Free, un mode dénommé "Patate" (poésie des ingénieurs de Free...).

Il est, quoi qu’il en soit, difficile d’évaluer la vitesse maximale de la connexion, qui atteint des niveaux jusqu’ici inconnu avec l’ADSL en France (on avoisine les 8Mb). Peu de serveurs acceptent de servir à des internautes des débits aussi élevés... mais parmi ceux-là, il faut compter les serveurs d’Apple.

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Téléchargement
Ce téléchargement de iTunes 4 a duré quelques secondes... à près de 500ko/sec en moyenne. Un débit comparable à ce qu’offrent les FAI nippons utilisant des réseaux de fibre optique.

Les serveurs d’Apple m’ont servi, en débit soutenu, jusqu’à 500ko/sec (c’est-à-dire 4000 kbauds), sans pour autant que le débit descendant ne soit saturé. Depuis cette capture (datant de janvier 2004), j’ai dépassé les 650ko/sec.

En réaction à ces débits impressionnants, Wanadoo/France Telecom a annoncé la mise en place de l’ADSL2 (débit maximal théorique en dl d’environ 15mb) puis de l’ADSL2+ (dl théorique maximum de 25mb). Certains ont annoncé le déclin de Free... mais l’entreprise a récemment indiqué que l’ADSL2+ serait disponible très prochainement (pour les freenautes dotés de la très récente Freebox V4).

Pour tester la qualité de votre connexion, vous pouvez utiliser ce lien. Attention toutefois, il ne s’agit pas d’un test réel mais d’une simulation (un genre d’échantillonnage) dont les résultats fluctuent plus que proportionnellement à la disponibilité de la ligne ; en d’autres termes, interrompez tous vos transferts de fichiers avant de lancer le test.

Un coup d’oeil sur la Freebox

Longtemps réservée aux abonnés situés dans les zones dégroupées suffisamment proche des DSLAM (à moins de 2500m), la Freebox est un modem spécial (qui demeure la propriété de Free) qui rend possible la réception de la télévision (dans les zones dégroupées uniquement) et du téléphone.

Les photos suivantes représentent la 2e version de la Freebox... au moment où sont lignes sont ajoutées (novembre 2004), la 4e version a vu le jour. Plus compacte, elle permettra d’accéder à l’ADSL2+.

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La Freebox et sa télécommande
La Freebox est plutôt encombrante... Il se murmure qu’une nouvelle version, beaucoup plus compacte, pourrait être distribuée en 2004. Elle est présentée ici avec la télécommande, utilisable pour les fonctions télé.

Ce joujou, de moins en moins encombrant au fil des versions (de la taille d’un magnétoscope pour les V1 et V2 à un boîtier modeste pour les V3 et V4), offre une connectique très originale pour un modem... puisqu’on y trouve une prise péritel et deux prises téléphoniques ainsi qu’un port "extension" dont Free annonce sobrement qu’il est réservé à des usages futurs (on pense à un disque dur pour l’enregistrement des flux vidéos de la télé).

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La connectique de la Freebox
Outre les ports Ethernet et USB, permettant de connecter la Freebox à l’ordinateur (Ethernet uniquement sur Mac... et c’est heureux), l’utilisateur pourra brancher un téléphone sur prise RJ11 standard, un téléviseur sur la prise péritel ou encore une chaîne hifi sur les prises cinch audio (toujours pour la télé).

Au fil des versions, la Freebox étend le rayon autour des DSLAM dans lesquels l’ensemble des services sont accessibles.

Attention, ne vous faites pas avoir, Free ne fournit pas de cable Ethernet avec la Freebox...

La Freebox est également accompagnée d’une télécommande.

La téléphonie

Il est ainsi possible de brancher un combiné téléphonique sur le modem pour profiter d’une ligne téléphonique spécifique qui, bien qu’elle utilise la prise téléphonique habituelle, propose un numéro de téléphone distinct (de la forme 08 7x xx xx xx). Il est même possible d’utiliser la ligne France Télécom et la ligne Freebox simultanément, bien qu’elles utilisent toutes deux la même prise... sauf si l’on a fait le choix du dégroupage total, auquel cas l’abonnement et la ligne FT n’existent plus.

L’offre téléphonie est presque irréprochable : les tarifs sont très attractifs (ils correspondent à ceux de OneTel, qui appartient au même groupe que Free), la qualité sonore est bonne. Après avoir offert 10h d’appel gratuit vers les téléphones fixes (FT uniquement) en France, Free a décidé que l’intégralité de ces appels seraient gratuits. Enfin, les correspondants composant le numéro d’un abonné Freebox paieront le prix d’une communication locale n’importe où en France. Les incidents techniques sont plutôt rares.

La bande passante utilisée est très faible quelques dizaines de ko/sec tout au plus, ce qui est parfaitement indolore dans le cas de Free dégroupé.

De très nombreux services sont offerts (du moins pour le moment) tel que le très utile affichage du numéro, le double appel ou encore la conférence à trois.

Pour plus d’informations sur ces services.

La télévision

La télévision sur ADSL est une technologie inédite en France. À l’image de l’offre téléphonie, l’accès à la télévision est gratuit. En revanche, il est beaucoup plus gourmand en bande passante.

La jeunesse de cette technologie a suscité des critiques modérées qui concernent principalement les phénomènes de ralentissement voire de blocage de l’image. Depuis plusieurs mois, ces difficultés ont presque totalement disparu.

Le service est proche du sans faute, même si la qualité de l’image n’est pas aussi bonne qu’avec le très onéreux service MaLigneTV de France Telecom. Une "qualité mpeg2" (le codec utilisé pour les DVD) était annoncée. Je la trouve plutôt comparable à une compression divx honorable... mais cela demeure très satisfaisant et tout à fait comparable (si ce n’est supérieur) à ce que l’on obtient avec la télévision à réception hertzienne.

Les programmes proposés sont proches de ceux du câble. Lorsque la première version de cet article a été mise en ligne, une quarantaine de chaînes était proposée gratuitement. La liste s’est, depuis, considérablement étoffée avec de très nombreuses chaînes étrangères.

Certaines chaînes sont payantes, selon des modalités variables (achat à l’unité, comme pour les différents canaux MTV ou la BBC, ou par pack complet, comme pour les chaînes AB ou cinéma).

En novembre 2004, Free a finalisé un accord de diffusion avec Canal+ (en numérique) et Canal Sat ADSL. C’est un enrichissement remarquable du bouquet pour un prix modéré (15 euros par mois pour Canal+). Le seul vrai manque de mon point de vue tient en l’absence de LCI, qui appartient au groupe TF1. Cette dernière chaîne ne souhaite pas être retransmise par Free en raison de sa participation dans une offre concurrence. Le Conseil de la Concurrence a déjà sanctionné ce refus mais il n’est pas certain que la situation change dans un avenir proche.

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Sur GameOne
GameOne vous propose de regarder des gens jouer aux jeux vidéos toute la journée (ou presque), avec, de temps à autre, quelques mangas.
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Une petite pub de temps à autre...
La pub est telle le GIGN : elle surgit de la lucarne et capte l’attention des gens présents dans la pièce...
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Ne me dites pas que vous n’aimez pas le téléachat
Je dédie cette image à Sly qui aime le téléachat plus que son G5... Papi, il faut faire quelque chose !

Mon dernier reproche concerne, enfin, la télécommande. Les boutons manquent de souplesse tandis que les symboles explicitant certaines touches sont à la fois peu visible et peu explicite.

Les points noirs de Free

Je n’ai jamais eu à m’en plaindre, mais Free est loin de la perfection. Citons les griefs les plus courants :

-  délai parfois abusif pour obtenir l’activation de sa ligne et l’envoi de sa Freebox (je connais quelques personnes à Paris qui ont attendu trois mois), qui est la conséquence du succès de ce FAI ;
-  manque de clarté dans la planification de la mise en oeuvre des projets : on ignore en grande partie quand l’ADSL2+ sera véritablement en place, pour toutes les zones dégroupées ; il en a été de même lorsque la télévision via ADSL a été déployée ;
-  hotline coûteuse et particulièrement difficile à joindre.

Chez Wanadoo (et quelques autres FAI), l’activation de la ligne est rapide et la hotline est très disponible.

En conclusion : pourquoi se priver ?

Voici comment se terminait cet article dans sa première mouture : Je fais de mon mieux pour rester objectif, mais je suis très enthousiaste !

Débits incomparables, prix bas, options gratuites et intéressantes (téléphonie et télévision) forment une offre que la concurrence a bien du mal à égaler. Reste que l’offre Free dégroupée est pour le moment réservée aux grandes agglomérations... et que la télévision et le très très haut débit ne concernent, pour le moment, que ceux qui sont les plus proches de leur noeud de raccordement.

Free mène donc une offensive commerciale très agressive, puisque les prix pratiqués sont sans comparaison avec ce qui se fait ailleurs. Souvenez de la brève de XD au sujet de la télévision sur ADSL avec l’offre MaLigneTV de France Télécom (16 euros par mois) qui doit être associée avec un abonnement TPS à 21 euros... sans compter les frais d’accès ! Chez Free, l’accès est gratuit et si certaines chaînes sont déjà payantes, beaucoup resteront gratuites...

En renseignant le formulaire d’inscription à l’ADSL Free (ce qui ne vous engage à rien, car ce formulaire doit être renvoyé à Free par la poste pour être validé), il vous sera indiqué si vous êtes éligibles à l’offre dégroupée.

Comment conclure aujourd’hui ?

Il me semble que, si les concurrents de Free ont fait de nombreux progrès et si Free est bien loin d’être irréprochable, l’entreprise conserve une avance sur ses concurrents directs. Son goût pour l’innovation à moindre coût mérite d’être salué.


P.S.
Cet article est dédié à XD, le plus fervent supporteur de Free dans le 94 (même s’il a rangé la banderole et les serpentins).

En ligne à cette adresse : http://www.xrings.net/xrings/article.php3?id_article=271

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